Plantago lanceolata L. et Plantago major L.
Famille : Plantaginaceae
Autres noms : plantain lancéolé, herbe à cinq côtes, langue d’agneau (P. lanceolata) ; grand plantain, plantain à larges feuilles (P. major)
Description et habitat
Le plantain est l’une de ces plantes que l’on croise partout sans vraiment la regarder. Pourtant, il suffit de s’y arrêter un instant pour apprendre à la reconnaître, et ne plus jamais l’oublier.
Plantago lanceolata forme une rosette basale de feuilles étroites et allongées, en forme de lance, d’où son nom. Elles présentent des nervures parallèles bien visibles qui les parcourent sur toute leur longueur — un détail caractéristique qui facilite l’identification. De cette rosette s’élèvent des tiges florales portant un épi court et cylindrique, garni de petites fleurs vert pâle aux étamines blanches très saillantes. La plante mesure généralement entre 10 et 40 cm.
Plantago major, le grand plantain, se distingue par ses feuilles plus larges et ovales, à pétiole bien marqué. Ses épis floraux sont plus longs et plus fins que ceux de lanceolata.
Les deux espèces affectionnent les milieux perturbés et piétinés : prairies, chemins, bords de routes, jardins, pelouses. Leur présence est souvent indicatrice d’un sol compact. On les trouve partout en Europe, des plaines aux zones de montagne.


Parties utilisées
Les feuilles, récoltées de préférence avant la floraison, au printemps et en début d’été.
Formes disponibles
Extraits aqueux et hydroalcooliques : les feuilles séchées se préparent en tisane ou entrent dans la composition d’extraits hydroalcooliques (teinture-mère, EPS). Ces formes sont les plus adaptées pour bénéficier des actifs hydrosolubles de la plante, mucilages, aucuboside, flavonoïdes, et s’utilisent principalement par voie orale ou en application locale sur les muqueuses. Des collyres ophtalmiques à base de plantain sont disponibles en pharmacie sans ordonnance.
Extraits huileux : le macérat huileux est obtenu par macération des feuilles séchées dans une huile végétale. Il extrait sélectivement les composés liposolubles de la plante et s’utilise exclusivement en usage cutané.
Les feuilles fraîches peuvent également être utilisées directement en application locale, leur jus étant traditionnellement appliqué sur les piqûres d’insectes et les irritations légères.
Composés notables
Les feuilles de plantain renferment
- des mucilages (2 à 6,5 %) en quantité significative,
- des iridoïdes ( 2 à 3 %) dont l’aucuboside et le catalpol,
- des flavonoïdes (apigénine, lutéoline),
- de phényléthanoïdes ( 3 à 8 %) : actéoside, isoactéoside, plantamajoside, lavandulifolioside
- des acides phénoliques (acide caféique, acide chlorogénique)
- et des tanins (6,5 %).
- allantoïneC’est la combinaison mucilages-iridoïdes-flavonoïdes qui est au cœur des propriétés de la plante pour soulager les réactions allergiques.
Propriétés et mode d’action
Le plantain agit à plusieurs niveaux simultanément, ce qui en fait une plante particulièrement polyvalente.
Sur les muqueuses respiratoires et ORL :
les mucilages forment un film protecteur sur les muqueuses irritées, nasales, oculaires, pharyngées, réduisant leur perméabilité et limitant le contact avec les agents irritants ou allergènes. L’aucuboside et les flavonoïdes exercent une action anti-inflammatoire et antihistaminique complémentaire, en modulant la réponse immunitaire locale. Les tanins ajoutent une dimension astringente qui contribue à calmer les hypersécrétions des muqueuses enflammées. C’est cette combinaison qui fait du plantain une plante traditionnellement utilisée dans les toux irritantes, les rhinites et les irritations pharyngées.
Sur la peau et les petites plaies, le macérat huileux est une préparation traditionnelle utilisée pour ses propriétés apaisantes et cicatrisantes locales, notamment sur les piqûres d’insectes, les irritations cutanées et les petites plaies superficielles. Son usage repose sur la tradition empirique ; je n’ai pas trouvé de données scientifiques spécifiques à cette forme galénique.
Le jus de feuille fraîche écrasée est traditionnellement utilisé pour soulager immédiatement les piqûres d’insectes et les contacts avec des plantes urticantes, un usage simple et accessible que l’on peut tester dès la prochaine promenade en nature.
Les phényléthanoïdes, notamment l’actéoside et le plantamajoside, inhibent la 5-lipoxygénase, une enzyme impliquée dans la production de médiateurs inflammatoires, ce qui renforce l’action anti-inflammatoire globale de la plante.
Indications selon l’EMA (agence européenne du médicament)
- Médicament traditionnel à base de plantes, utilisé comme adoucissant pour le traitement symptomatique des irritations buccales ou pharyngées et de la toux sèche associée.
- Médicament traditionnel à base de plantes utilisé pour soulager la toux associée au rhume
- Médicament traditionnel à base de plantes utilisé pour le traitement des inflammations cutanées mineures.
Précautions d’emploi
Le plantain est une plante bien tolérée, sans toxicité documentée aux doses usuelles. Les rares cas d’allergie de contact signalés concernent des personnes sensibilisées aux Plantaginaceae.
En l’absence de données suffisantes, l’utilisation pendant la grossesse et l’allaitement est déconseillée.
Chez les enfants, l’utilisation cutanée est déconseillée avant 3 ans. L’utilisation par voie orale ou oromucosale n’est pas recommandée avant 12 ans.
En cas de traitement en cours, l’avis d’un pharmacien ou d’un professionnel de santé reste recommandé.
Il est utile de rappeler que le plantain est une plante pollinisée par le vent dont le pollen est lui-même allergisant pour certaines personnes.
Fiche rédigée par Claire Poirier, experte en bien-être naturel et écologie pratique.
- https://www.wikiphyto.org/wiki/Plantain
- du bon usage des plantes qui soignent – Jacques Fleurentin, Editions Ouest France, 411 p
- Manuel de phytothérapie écoresponsable – Aline Mercan, Editions Terre vivante, 254 p
- Monographie de l’union européenne : https://www.ema.europa.eu/en/medicines/herbal/plantaginis-lanceolatae-folium
Cette fiche est un document informatif. Elle ne constitue pas un avis médical et ne remplace pas une consultation avec un professionnel de santé.
